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Trouble oppositionnel : mieux comprendre les comportements opposants…

trouble oppositionnelIl se met souvent en colère pour rien, il conteste et s’oppose constamment à ce que vous dites ou demandez, il peut se montrer très méchant et vindicatif sans raison, il ne tolère pas la frustration… Près de la moitié, des enfants TDAH souffrent également d’un ensemble de comportements négatifs, provocateurs et hostiles que l’on définit comme étant les symptômes du trouble oppositionnel avec provocation (TOP). Cet article vous aidera à cerner le TOP et à mieux comprendre l’attitude souvent incompréhensible et insupportable de votre enfant hyperactif.

Qu’est-ce que le trouble oppositionnel avec provocation ou TOP ?

Le trouble oppositionnel avec provocation, comme son nom l’indique si clairement, se manifeste par une tendance chronique à la désobéissance. Récemment diagnostiqué et en conséquence, encore très peu connu, il se traduit par un refus constant de se plier aux consignes, de respecter les règles ou de se soumettre à une autorité supérieure. Un comportement opposant est vraisemblablement à l’origine de l’absence totale de notion de discipline chez les enfants souffrants de TDAH.

Le TOP est composé de deux caractères distincts et pourtant complémentaires :

  • La tendance à l’opposition
  • La tendance à la provocation

Le comportement opposant

Tous les enfants passent par une phase « opposition » à un moment donné de leur vie. À un certain âge effectivement, ils comprennent qu’ils ne sont pas toujours obligés de se plier à la volonté de leurs parents, qu’ils sont également capables de prendre le contrôle d’une situation, qu’ils peuvent avoir leurs propres envies, voire qu’ils ont plus d’attention lorsqu’ils font des bêtises.

Bref, cette phase que l’on surnomme également le « terrible two » ou la phase « non » pendant laquelle l’enfant se rebelle est donc tout à fait normale. Elle entre dans son processus de développement, car aide l’enfant à s’individualiser et est, en conséquence, capitale pour la construction de sa personnalité, mais également pour le gain de son autonomie.

On parle de trouble oppositionnel lorsque le comportement opposant persiste au-delà de la période « normale » et qu’une forme de lutte de pouvoir s’installe de manière permanente entre l’enfant et ses parents. En règle générale, le comportement opposant se manifeste alors de trois manières différentes :

  • Une opposition passive : l’enfant se conforme aux consignes données par ses parents, mais ne les exécute pas en réalité :
  • Une opposition active : l’enfant refuse catégoriquement et sans manifester la moindre peur de se conformer aux consignes données par ses parents ;
  • Une opposition passive agressive : l’enfant se conforme aux consignes données par ses parents, mais démontre par des gestes violents (souvent envers autrui) qu’il ne le fait pas de gaieté de cœur.

Le comportement provocant

Les enfants hyperactifs souffrant de trouble oppositionnel peuvent aller jusqu’à « provoquer » leurs parents, et ce, par le biais de « crises » diverses. Cela se produit en général lorsqu’ils finissent par saisir ce qui peut fâcher leurs parents et qu’ils l’exploitent, à bon escient malheureusement, afin d’obtenir ce qu’ils veulent. Ce qui explique pourquoi, ils ne piquent généralement ces fameuses crises qu’en public !

Le comportement provocant est calculé et tout à fait inutile contrairement à l’opposition. S’il n’est pas corrigé à temps, il peut entraîner un véritable trouble de conduite et du comportement, se manifestant par une tendance à l’agressivité et à la violence, et dans la majorité des cas, à la délinquance à l’adolescence. Ce qui explique pourquoi, sans diagnostic et prise en charge du TDAH, 50 % des enfants hyperactifs auront des problèmes avec la justice une fois adulte.

Le trouble oppositionnel : pourquoi ?

hyperactifIl est important que vous compreniez que cette tendance à l’opposition n’est pas intentionnelle chez l’enfant hyperactif. Selon les spécialistes, cette absence de notion de discipline serait étroitement liée à son extrême impulsivité et fait donc partie intégrante des symptômes du TDA/H. Il mettrait ainsi en cause un dysfonctionnement des neurotransmetteurs au niveau cortex préfrontal du cerveau de l’enfant et serait le résultat de trois facteurs combinés :

  • Une incapacité à contrôler les pulsions ;
  • Un sentiment de frustration face aux échecs répétés malgré les efforts ;
  • Un stress constant pendant l’effort.

Il arrive également ce soit un trouble affectif (anxiété, dépression, isolement, etc.) qui explique le besoin de l’enfant de s’autodétruire, et ce, tant sur le plan physique que verbal. D’où le trouble oppositionnel avec provocation. Il est donc important d’adapter la prise en charge selon les besoins réels de l’enfant et la nature précise de son problème.

Quelle prise en charge pour un trouble oppositionnel avec provocation ?

Toujours selon les spécialistes, le TOP s’estompe peu à peu lorsque l’hyperactivité en elle-même est traitée. Autrement dit, toute médication visant à minimiser ou à alléger les symptômes du TDAH va automatiquement agir sur les comportements opposants et les réduire. Il semble effectivement que les psychostimulants généralement prescrits pour les enfants souffrant d’un trouble déficitaire de l’attention arrivent à baisser à 50 % les manifestations du TOP.

Comment réagir face aux comportements opposants ?

La réaction des parents face aux comportements opposants est très importante, car elle va avoir un impact direct sur l’attitude future de l’enfant hyperactif. Puisque hyperactivité rime avec hypersensibilité, toute attitude négative face à son comportement va effectivement conforter l’enfant dans le peu d’estime de soi qu’il a lui-même et va, en conséquence, renforcer le comportement autodestructif dans lequel il se trouve déjà.

Vous l’aurez compris, la punition n’est donc pas la meilleure chose à faire ! Le punir serait d’ailleurs l’erreur à ne pas commettre, car dans la majorité des cas, cela va enflammer son système nerveux : il va automatiquement recommencer ! Un cercle va alors se mettre en place : il se rebelle, vous faites preuve d’autorité, il se rebelle d’autant plus, vous vous fâchez, il se fâchera encore plus, vous menacez, sans plus de résultats, vous punissez et il devient agressif (crise), et ainsi de suite !

trouble de l'oppositionQue faire face à tant de rébellion ?

Certes, il est très difficile de garder son calme lorsqu’il faut répéter une même consigne dix à trente fois sans espoir toutefois que celle-ci soit respectée. Lorsque l’enfant est sans cesse en train de s’opposer à notre autorité, lorsqu’il semble constamment nous provoquer et à nous pousser dans nos derniers retranchements, il est très difficile de ne pas se fâcher. Et pourtant, c’est le plus grand défi à relever face à un enfant hyperactif.

Les réactions négatives engendrent chez lui des comportements tout aussi négatifs. Il en va de même heureusement pour les réactions positives et c’est là que se trouve la solution ! Si vous mettez en avant les choses bien qu’il fait au lieu d’appuyer sur ce qui ne va pas, incroyablement, l’enfant hyperactif va multiplier les efforts pour bien se conduire afin de gagner de nouveau cette confiance et cette approbation qui lui manque tant.

Car en réalité, c’est ce qu’il cherche constamment ! Se sentir aimé, accepté et même valorisé ! En reconnaissant et en félicitant les efforts qu’il fait, vous le motivez dans ce sens.

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