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Orthoptie, un outil de diagnostic de la dyslexie ?

L’orthoptie est une profession paramédicale, ayant pour vocation le dépistage, l’exploration fonctionnelle, la rééducation et la réadaptation des troubles de la vision. Elle peut également intervenir dans le diagnostic des troubles des apprentissages (dyslexie) – notamment à travers son bilan orthoptique qui s’articule en plusieurs parties : l’anamnèse, le bilan sensoriel, le bilan optomoteur et le bilan fonctionnel.

Dyslexie : pourquoi est-il pertinent de faire un bilan orthoptique ?

Quel est le lien entre la dyslexie et l’orthoptie ?

Les troubles des apprentissages (dyslexie) relèvent d’un dysfonctionnement cognitif qui affecte l’acquisition, l’organisation, la mémorisation, la compréhension ou l’utilisation de l’information. Or, de nombreux apprentissages relèvent de l’oculomotricité, de la perception visuelle et de leur implantation dans l’organisation du geste.

Si le bilan orthophoniste est essentiel à l’établissement du diagnostic, l’orthoptie permet de constater l’existence de troubles visuels – d’ordre perceptif ou perceptivo-moteur. Sous prescription médicale d’un médecin généraliste, d’un pédiatre, d’un ophtalmologiste ou d’un neuro-pédiatre, l’examen est alors remboursé par les caisses d’assurance maladie.

Les signaux d’alerte de la dyslexie sont les suivants : la difficulté à se concentrer, à mémoriser, à effectuer une double tâche, à repérer les lignes, à prendre des notes, des lenteurs au travail ou à la lecture, le passage compliqué du tableau à la feuille, etc.

Comment se passe un bilan orthoptique ?

Que ce soit pour poser le diagnostic ou pour évaluer la dyslexie sur le plan neurovisuel, le bilan en orthoptie se décompose en plusieurs parties :

  • L’anamnèse 

Ici, le professionnel récolte toutes les informations nécessaires à cette phase d’évaluation : les antécédents visuels, les plaintes de l’enfant (lecture difficile, lente, sauts de lignes, de lettres, de syllabes, de mots…), mais aussi les autres bilans effectués (orthophonique, psychomoteur…) et rééducations en cours ou déjà réalisées.

  • Le bilan sensoriel

Ici, le professionnel teste l’acuité visuelle, les capacités fusionnelles et l’acuité stéréoscopique. Il est absolument essentiel que l’enfant dispose d’une acuité visuelle maximale (corrigée ou non) pour envisager la suite. Par exemple, s’il mentionne voir flou, il faut déjà s’assurer que le contrôle ophtalmologique est suffisamment récent…

  • Le bilan optomoteur

Ici, le professionnel contrôle la capacité de l’enfant à orienter son regard : la fixation et les saccades étant indispensables à la lecture. La première doit être stable et les secondes, bien calibrées et bien endurantes. À noter que le parallélisme des axes visuels est également évalué en orthoptie.

  • Le bilan fonctionnel

En fonction des éléments sensoriels et optomoteurs de la vision, le professionnel cherche à objectiver la plainte et la perte efficience. Pour cela, il mène les tests les plus adaptés à la situation : le test de barrage des H, le test d’ELFE (Évaluation de Lecture en FluencE) et le test de la baleine (l’épreuve de copie) figurent parmi les plus courants en orthoptie. Le premier s’attarde sur les stratégies d’exploration visuelle de l’enfant, le second vérifie sa vitesse de lecture et le troisième, sa capacité à écrire sur un temps donné.

Consécutivement aux résultats obtenus (type 1 à type IV), l’orthoptiste détermine la rééducation la plus adaptée. En fonction de chacun, il s’attardera sur la motricité oculaire (poursuites et saccades), les capacités fusionnelles (mouvements de convergence et de divergence), les capacités de la perception visuelle (jeux de barrages ou d’intrus, jeux de transposition…). Le cas échéant, l’orthoptie peut suggérer des aménagements en milieu scolaire (pupitre, code couleur, grossir les supports écrits, etc.).

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