Communication Alternative et Augmentée (CAA) : définition, outils et exemples concrets – DYS-POSITIF
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Communication Alternative et Augmentée (CAA) : définition, outils et exemples concrets

La communication alternative et augmentée (CAA) regroupe l’ensemble des outils et stratégies permettant d’aider les personnes ayant des difficultés de communication, notamment en cas de handicap ou de troubles du langage. Utilisée chez les enfants comme chez les adultes, la CAA facilite les échanges grâce à des supports comme les pictogrammes, la langue des signes ou les tablettes avec synthèse vocale.
Aujourd’hui, elle constitue un levier essentiel pour favoriser l’inclusion et l’autonomie des personnes non verbales ou peu oralisantes.

En janvier 2026, la délégation interministérielle à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement (TND) a organisé pour la deuxième année consécutive un colloque à destination des professionnels et du grand public. Cette année, il ambitionne également de mieux faire connaître la communication alternative et améliorée (CAA), fil rouge de la journée. 


I. Qu’est-ce que la communication alternative et augmentée (CAA) ?

La Communication Alternative et Augmentée désigne un ensemble de stratégies et d’outils destinés à compenser des déficiences de la communication orale et écrite.  Elle peut être :

  • alternative : cela fait référence aux solutions de communication autres que le langage oral. Ces moyens permettent aux personnes qui n’ont pas l’usage de la parole de communiquer différemment. elle remplace complètement la parole
  • augmentée (ou améliorée) : cela fait référence aux solutions de communication qui complètent, améliorent la parole des personnes qui n’arrivent pas à se faire comprendre et de rendre leur message plus compréhensible. 

La CAA permet ainsi aux individus de :

  • exprimer leurs besoins,
  • partager leurs émotions,
  • comprendre les autres,
  • interagir avec les autres,
  • gagner en autonomie.

Exemple concret :
Un enfant qui ne parlait pas commence à utiliser des pictogrammes, puis développe progressivement des mots oraux en parallèle.

Témoignage d’un enseignant): “On pense souvent que ces outils remplacent la parole, mais en réalité, ils la stimulent. J’ai vu des élèves progresser énormément.”


II. Quels sont les outils de communication alternative et augmentée ?

1. Les systèmes sans technologie :

 Ces outils sont simples et accessibles :

  • pictogrammes sur papier :
  • langue des signes
  • les gestes, le regard, les mouvements corporels
  • Il existe différents programmes :
    • le MAKATON : C’est un programme d’aide à la communication et au langage constitué d’un vocabulaire fonctionnel utilisé avec la parole, les signes et/ou les pictogrammes.

D’ailleurs, chez Dys-Positif, des orthophonistes formées à la CAA et à la méthode MAKATON créent des outils clés en main. Ci-dessous, deux extraits d’albums pour enfant adaptés en pictogramme.

Vous pouvez d’ailleurs retrouver plusieurs albums en accès libre (téléchargement gratuit) en cliquant sur ce lien.

  • PECS : C’est un système de communication par échange d’images qui permet de suppléer ou d’augmenter la communication des enfants ayant des troubles autistiques.

Exemple concret :
 Dans une classe maternelle, un enfant avec autisme utilise un classeur de pictogrammes (type PECS) pour choisir son activité : il donne l’image “dessin” à l’enseignant pour exprimer son envie.

Et d’ailleurs, en y réfléchissant bien, tous les professeurs des écoles utilisent des pictos pour les élèves non lecteurs ou tout simplement parce que, comme le disait si bien le philosophe chinois Confucius : “Une image vaut mille mots” !

Et pour aller plus loin, je recommande souvent aux enseignants en cycle 3 et 4 de continuer à utiliser des pictos pour les consignes, parce que plus visuels et plus courts qu’une consigne écrite donc souvent mieux compris par les élèves dyslexiques ou TDAH qui sont plus fatigables.

2. Les systèmes avec technologie

Les nouvelles technologies offrent des solutions plus avancées :

  • tablettes avec applications de communication
  • synthèse vocale
  • dispositifs contrôlés par les yeux (eye-tracking)
  • logiciels spécialisés

Ces outils permettent une communication plus riche et personnalisée.

Exemple concret :
 Un adolescent atteint de paralysie cérébrale utilise une tablette avec synthèse vocale : il sélectionne des pictogrammes qui forment une phrase, et l’appareil la lit à voix haute.

“Avec ma tablette, je peux enfin dire ce que je pense. Avant, les gens parlaient à ma place.”

Toutefois, comme le faisait remarquer Carine Cazaubon, orthophoniste : “vous imaginez bien qu’une tablette ne conviendra pas pour communiquer lors d’une activité en piscine !”


III. Qui peut utiliser la CAA ?

La CAA s’adresse à des personnes de tous âges ayant des difficultés de communication, notamment :

  • pour les personnes avec autisme (TSA : trouble du spectre de l’autisme)
  • paralysie cérébrale
  • troubles du langage oral appelés aussi dysphasie
  • maladies neurodégénératives (comme la SLA : sclérose latérale amyotrophique)
  • personnes ayant subi un AVC

 Exemple concret :
 Une personne ayant subi un AVC peut temporairement utiliser un tableau de communication pour indiquer ses besoins à l’hôpital (boire, douleur, appeler quelqu’un).

Témoignage d’un soignant : “La CAA permet de redonner une voix aux patients. Même sans parole, ils peuvent participer à leur prise en charge.”

En fonction des besoins, des pathologies, des troubles, elle peut être utilisée temporairement ou toute la vie. On sait, par exemple, que certaines personnes avec un TSA sont dites “non verbales” ou “non oralisantes”. Dans ce cas, la CAA est un outil formidable pour les aider à communiquer et nous permettre de communiquer avec eux.

Témoignage (parent) :

“Avant, mon fils pleurait beaucoup parce qu’on ne comprenait pas ce qu’il voulait. Depuis qu’il utilise des pictogrammes, il est beaucoup plus calme et nous pouvons enfin ‘discuter’ avec lui.”

La communication alternative et augmentée (CAA) est aujourd’hui utilisée dans les écoles, les hôpitaux et à domicile pour améliorer la communication des personnes en situation de handicap.


IV. Rôle de l’orthophoniste :

Contrairement à ce que nous pourrions penser, le travail de l’orthophoniste ne consiste pas seulement à rééduquer les personnes atteintes de dyslexie ou de dysorthographie. L’orthophoniste aide tout patient qui rencontre des difficultés dans sa communication.

Ainsi, il va par exemple aider un enfant  autiste dans la mise en place de sa CAA. Il est important de préciser SA CAA : en effet les observations du professionnel vont permettre de trouver le bon outil pour chaque patient. Et, ce système de CAA apportera de nombreux avantages :

  • l’amélioration de la communication bien sûr et en conséquence
  • une réduction de la frustration,
  • le développement de l’autonomie,
  • une meilleure inclusion sociale et scolaire
  • et, chose très importante, le renforcement de l’estime de soi.

V. Les enjeux et limites

Malgré ses bénéfices, la CAA présente certains défis :

  • besoin de formation pour les proches et professionnels
  • adaptation nécessaire à chaque utilisateur
  • manque de sensibilisation du grand public
  • L’accompagnement par des professionnels (orthophonistes, éducateurs) est souvent essentiel.

Exemple concret :
 Une tablette de communication peut rester inutilisée si l’entourage n’est pas formé à son usage.

 Témoignage d’un orthophoniste : “Le plus important n’est pas l’outil, mais la façon dont on l’utilise au quotidien avec la personne.”

La Communication Alternative et Augmentée est un outil précieux pour permettre à chacun de s’exprimer, quelles que soient ses capacités. En favorisant l’accès à la communication, elle joue un rôle clé dans l’inclusion et le respect des droits fondamentaux. Développer son usage et mieux la faire connaître constitue un enjeu majeur pour une société plus inclusive.


Ressources supplémentaires :

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