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Comment aider un enfant dysphasique ?

Nos dossiers DYSPHASIE

la dysphasieLa dysphasie est un trouble structurel de l’apprentissage de la famille des DYS, se manifestant par un déficit important au niveau de la communication orale et verbale : l’enfant dysphasique n’acquiert pas normalement le langage, d’où des difficultés à exprimer ce qu’il pense ou souhaite dire, mais également à comprendre ce qu’on lui dit.

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La dysphasie est donc un handicap à part entière. Les problèmes d’expression, de perception et de compréhension sont indépendants de la volonté de la personne qui en souffre à s’exprimer, à percevoir et à comprendre.

À noter que tout retard dans le développement du langage oral n’est pas forcément dû à une dysphasie. On parle de trouble dysphasique lorsque le trouble ne résulte pas d’un problème sous-jacent tel que :

  • La maladie ;
  • Un déficit sensoriel : problème auditif, troubles visuels, etc.
  • Un trouble affectif et/ou psychologique : traumatisme, choc, etc. ;
  • Une malformation au niveau des praxies bucco-faciales : langue, voile du palais, etc.
  • Un déficit au niveau intellectuel : l’enfant ne rencontre pas les mêmes problèmes dans les autres matières.

Les différentes formes de dysphasie

On peut distinguer cinq formes de dysphasie :

  • La dysphasie phonologico-syntaxique ;
  • La dysphasie lexico-sémantique ;
  • La dysphasie sémantico-pragmatique ;
  • La dysphasie phonologique ;
  • La dysphasie réceptive.

La dysphasie phonologico-syntaxique

Forme plus fréquente, la dysphasie phonologico-syntaxique se manifeste par :

  • Un trouble phonologique : difficulté à prononcer des sons intelligibles et simples, avec une tendance à complexifier les mots ;
  • Un trouble praxique oro-facial : difficulté à associer des gestes avec des mots ou un enchainement de mots ;
  • Un trouble de l’encodage syntaxique : difficulté à respecter les règles grammaticales de base dans la construction d’une phrase, tendance à télégraphier les mots plutôt qu’à les associer ;
  • Un trouble de la compréhension : difficulté à comprendre les discours complexes en raison d’une agnosie et d’une mémoire verbale courte.

Cette forme de dysphasie s’accompagne généralement d’un vocabulaire très pauvre ainsi que d’une déficience au niveau de l’écriture et de l’orthographe.

La dysphasie lexico-sémantique

Cette forme de trouble dysphasique se manifeste par :

  • Un trouble de l’expression orale : difficulté à trouver les mots, à dénommer un objet ou à produire une phrase :
  • Un trouble de l’expression écrite : difficulté à former une phrase, à élaborer une production écrite (rédaction, commentaire…) ;
  • Un trouble syntaxique : difficulté à utiliser une syntaxe correcte.

Les enfants souffrant de cette forme de dysphasie n’ont, en revanche, aucun problème au niveau :

  • De la phonologie ;
  • De la compréhension.

Ils peuvent apprendre à lire et à écrire, néanmoins toute activité de lecture et d’écriture sera limitée en raison du manque de mots.

La dysphasie sémantico-pragmatique

dysphasieLa dysphasie sémantico-pragmatique se traduit par :

  • Un trouble de l’expression orale & écrite : difficulté à mémoriser les mots, donc langage pauvre et peu informatif ;
  • Un trouble sémantique : difficulté à choisir les mots adéquats à une situation, à un contexte, tendance à utiliser des formes plaquées ;
  • Un trouble de la compréhension : difficulté à comprendre des consignes, des questions, des expressions, etc.

Cette forme de dysphasie peut également s’accompagner d’une :

  • Incapacité à comprendre les notions abstraites ;
  • Incapacité à ordonner les lettres ;
  • Incapacité à s’orienter dans l’espace et le temps ;
  • Incapacité à se concentrer ou à retenir son attention sur une chose précise.

La dysphasie phonologique

La dysphasie phonologique se manifeste essentiellement par des difficultés d’expression. Généralement, l’enfant qui en souffre manifeste :

  • Une tendance à déformer les phonèmes, voilà pourquoi ce qu’il dit est souvent intelligible ;
  • Un trouble de l’encodage syntaxique : une tendance à produire des mots et des phrases dysyntaxiques ;
  • Un trouble de la concaténation : des difficultés dans l’enchaînement des gestes et des tâches en séquence.

Les dysphasiques souffrant d’un déficit phonologique sont les plus souvent sujets à la dysorthographie. Ils sont toutefois plus faciles à traiter et peuvent connaître une bonne amélioration aussi bien à l’oral qu’à l’écrit.

La dysphasie réceptive

Cette forme de dysphasie se manifeste essentiellement par un déficit au niveau du décodage. L’enfant qui en souffre présente :

  • Un trouble phonologique : difficulté à faire la différence entre les sons en dépit d’une bonne audition, d’où une communication inintelligible ;
  • Un trouble de l’expression syntaxique et verbale : difficulté à trouver des mots, vocabulaire pauvre, d’où la tendance à communiquer avec des gestes et des onomatopées ;
  • Un trouble de la compréhension : difficulté à comprendre ce que les autres disent, et ce, en raison de la pauvreté du vocabulaire ;
  • Un trouble du comportement : tendance à l’agressivité en raison de la difficulté à communiquer et à se faire comprendre.

Les causes

Ne touchant que 2 % de la population, dont les garçons la plupart du temps, la dysphasie est un trouble particulièrement rare qui ne retient que très peu l’attention des chercheurs. Ainsi, malgré les difficultés rencontrées par les enfants touchés, on ignore encore l’origine exacte de ce trouble de l’apprentissage.

La cause génétique

On attribue souvent la dysphasie à la génétique, car des antécédents familiaux sont parfois retrouvés dans certains cas, mais aucune recherche médicale n’a encore été effectuée pour prouver cette théorie.

Également appelée « aphasie congénitale ou audimutité », la dysphasie est considérée comme un véritable handicap au Québec, où elle est répertoriée parmi les troubles du développement les plus sévères.

La cause cérébrale

D’autres spécialistes avancent l’hypothèse d’une défaillance au niveau du système cérébral responsable du langage. La dysphasie serait ainsi le résultat d’une dysfonction cérébrale entraînant des problèmes de communication verbale et nécessitant une prise en charge spécialisée.

Les symptômes

dyslexie phonologiquePour rappel, on parle de dysphasie lorsque l’enfant présente des troubles sévères du développement du langage oral au-delà de 5 ans, et ce, en l’absence de déficit physique, psychologique et intellectuel.

Quelle que soit sa forme, ce trouble du langage se manifeste généralement par trois symptômes principaux qui peuvent se manifester ensemble ou de manière isolée :

  • Un trouble de l’expression ;
  • Un trouble de la réception ;
  • Un trouble syntaxique.

Le trouble de l’expression

Les problèmes d’expression qui se manifeste par des problèmes d’élocution et d’évocation. L’enfant s’exprime, en général, de manière complexe et prononce des paroles incompréhensibles. Il utilise souvent des mots isolés, adopte un discours télégraphique et se montre incapable de transmettre des informations par le biais de la parole.

Sa communication orale, dans sa globalité, est souvent limitée. Raison pour laquelle, il fuit toute situation où il doit prendre la parole ou à parler tout simplement. Il se contente en général de réponses monosyllabiques en situation de dialogue et répond toujours par « oui » ou « non » à une question.

Le trouble de la réception

Les problèmes de la réception sont essentiellement dus à un déficit au niveau du décodage. L’enfant a donc du mal à comprendre ce qu’il entend, en particulier les consignes verbales si celles-ci ne sont pas accompagnées de contextes ou de support concret.

Il a également des difficultés à trouver les mots adéquats, son discours est souvent incohérent. Il peut aussi avoir du mal à écrire.

Le trouble syntaxique

Ce trouble particulier est caractérisé par une altération de l’organisation grammaticale. L’enfant dysphasique a tendance à utiliser des phrases mal structurées, courtes et maladroites, en style télégraphique : sans pronom ni propositions, et avec des verbes non conjugués.

Les troubles associés

Souvent, la dysphasie s’accompagne d’autres troubles tels que :

  • La dyslexie, trouble de la lecture ;
  • La dysorthographie, trouble de l’orthographe ;
  • Un trouble d’abstraction
  • Un trouble de la perception du temps et de l’espace ;
  • Un trouble du comportement.

Le diagnostic

Le diagnostic est établi à partir d’un bilan de langage réalisé par l’orthophoniste sous prescription médicale. Ce bilan, qui dure généralement une heure et quelques et qui est effectué en présence des parents, va permettre au professionnel du langage d’analyser et d’évaluer la communication de votre enfant, aussi bien sur le plan quantité que qualité. Il se déroule généralement de la manière suivante :

  1. Entretien avec la famille : il s’agit d’une enquête qui permettra à l’orthophoniste de comprendre la vie de l’enfant en général, les antécédents familiaux et les symptômes qui ont inquiété les parents.
  2. Épreuves : il s’agit d’une série d’exercices portant sur la compréhension lexicale et syntaxique, sur l’expression, la phonologie et le langage.
  3. Tests : il s’agit d’une évaluation des capacités de rétention auditive et visuelle, d’organisation spatiale et de repérage temporel.
    Les diverses épreuves sont proposées en fonction de l’âge et des capacités de l’enfant, afin de déterminer la nature de la dysphasie, son degré d’importance ainsi que les solutions adaptées pour en guérir.

D’autres examens complémentaires, dont une consultation médicale, une consultation psychologique ainsi qu’un bilan psychométrique, doivent être effectués afin d’écarter tout problème pathologique, sensoriel ou psychologique pouvant provoquer un trouble sévère du langage.

Le traitement

dysphasie sévèreSi les symptômes persistent au-delà de 5 ans, la rééducation orthophonique n’est plus une option, mais une nécessité. Et pour permettre à l’enfant de vivre normalement avec son handicap et de ne pas essuyer un échec scolaire quasi inévitable, elle doit être intensive : l’enfant dysphasique devra avoir au moins trois séances de rééducation par semaine.

En raison de la complexité du trouble, la prise en charge devra être multidisciplinaire. Ainsi, en plus de l’intervention de l’orthophoniste, la consultation d’un psychologue ou d’un ergothérapeute pourra également être utile.

Des aménagements devront être effectués aussi bien à l’école de l’enfant qu’à son domicile. Si le degré de sévérité du trouble est assez élevé, l’enfant pourrait être placé dans une école spécialisée.

Cp – Ce1 – Ce2 – Cm1 – Cm2 – 6ème

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