Méthylphénidate : les effets secondaires

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méthylphénidateLe méthylphénidate est un médicament dérivé des pipéridines, un composé organique classé parmi les principes actifs du poivre et inscrit au tableau II de la convention des Nations Unies contre le trafic illicite des stupéfiants comme faisant partie de par sa structure à la famille des « amphétamines ».

En raison de ses vertus stimulantes, en particulier au niveau du système nerveux central, depuis une bonne dizaine d’années maintenant, le méthylphénidate est surtout indiqué dans le traitement de la narcolepsie, mais également dans la prise en charge des symptômes du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (ou TDAH). Son efficacité est telle que depuis 2004, la vente de médicaments à base de MPH a explosé et en 2011, on a dénombré plus d’une quarantaine de milliers de patients suivant ce traitement.

Est-ce que le méthylphénidate, en tant que stupéfiant, peut présenter un risque pour les enfants hyperactifs qui en prennent ? Pas nécessairement ! Comme tout médicament, le MPH peut entraîner des effets secondaires indésirables plus ou moins graves, mais les risques sont minimes tant que les doses et les conditions d’utilisation sont respectées. Par ailleurs, étant donné le profil de la population, majoritairement jeune, des patients à qui est destiné le méthylphénidate, ce médicament fait l’objet d’une surveillance particulière et renforcée par la pharmacovigilance.

Quoi qu’il en soit, dans cet article, nous vous invitons à découvrir les effets secondaires possibles du méthylphénidate.

Les effets secondaires neuropsychiatriques du méthylphénidate

À noter que les troubles psychiatriques et comportementaux font parties intégrantes des symptômes du TDAH. Troubles du sommeil, trouble émotionnel, trouble anxieux, trouble oppositionnel avec provocation… toutes ces comorbidités doivent être prises en compte par le médecin traitant avant la prescription de tout psychostimulant, pour éviter des risques d’exacerbation de ces derniers.

C’est rare, mais le méthylphénidate peut effectivement provoquer :

  • L’accentuation du comportement agressif, voire antisocial ;
  • L’accentuation des symptômes d’anxiété, voire une dépression ;
  • L’apparition ou une accentuation des pensées suicidaires ;
  • L’apparition de symptômes psychotiques comme les hallucinations visuelles ou auditives ;
  • L’apparition de crises maniques, en particulier si le patient est bipolaire ;
  • L’apparition ou l’accentuation de trouble du comportement alimentaire, l’anorexie en particulier ;
  • L’apparition ou l’accentuation des tics moteurs ou verbaux.

Le méthylphénidate et les pensées suicidaires

ritaline effets secondairesCertains enfants hyperactifs ont malheureusement des pensées suicidaires, mais ils passent rarement à l’acte. Néanmoins, pour des raisons de sécurité et en guise de prévention, chez tout enfant démontrant la présence de dépression sévère, de troubles du comportement alimentaire, de trouble psychotique, de trouble de la personnalité borderline, de trouble bipolaire et de tendances suicidaires, la prescription du méthylphénidate sera strictement interdite.

Raison pour laquelle d’ailleurs, le dépistage d’éventuelles pathologies psychiatriques, qu’elles soient anciennes et déjà traitées ou encore au goût du jour, est indispensable avant le début du traitement. Pendant le traitement, l’enfant restera également en observation, car toute apparition ou aggravation de troubles d’ordre psychiatriques et ce, malgré un ajustement du dosage, peut motiver un arrêt immédiat de la prise du médicament.

Les effets secondaires vasculaires du méthylphénidate

À ce jour, aucune étude n’a pu démontrer avec véracité un lien direct entre le méthylphénidate et les problèmes vasculaires. Néanmoins, plusieurs études, effectuées notamment par la Food And Drug Administration et l’Agence pour la Recherche et la Qualité des Soins de Santé, ont pu confirmer que ce composé organique pouvait modifier la fréquence cardiaque et la pression artérielle sur le long terme.

Le méthylphénidate et les troubles cardiovasculaires

On a pu observer une arythmie, des palpitations et de la tachycardie chez certains patients traités seulement pendant les expériences menées. Ce médicament a effectivement pour effet d’augmenter le débit cardiaque et subséquemment, de la tension artérielle. Ce qui ne permet pas d’affirmer que le méthylphénidate pouvait augmenter les risques cardiovasculaires.

Des études menées aux États-Unis ont été expressément faites pour le prouver. Un centre biologique a enquêté sur les éventuels problèmes cardiovasculaires chez plusieurs centaines de patients traités : sur 251 cas étudiés, aucun n’a présenté des symptômes inquiétants que l’on puisse considérer comme « vitaux » ou « extrêmement dangereux » pour le patient. Ils ont bien sûr remarqué une augmentation de la tension artérielle chez un tiers des patients observés, néanmoins, cette manifestation n’a pas été très significative et ne justifie en aucun cas un arrêt de traitement.

Le méthylphénidate et les troubles cérébrovasculaires

medicament tdahD’autres études ont également démontré une influence certes faible du méthylphénidate sur les troubles vasculaires cérébraux. Il a été toutefois remarqué que le médicament, à lui seul, ne pouvait pas provoquer des symptômes neurologiques. Il ne peut que favoriser la survenue de ces troubles chez un patient ayant déjà des problèmes compatibles avec eux, comme des troubles de la vision, de la parole, de la mémoire ou de la coordination.

Pour ces raisons, avant le début du traitement, il est indispensable de dépister tout problème cardiovasculaire et cérébrovasculaire éventuel pour ne pas favoriser les risques d’accident. Si quelques anomalies sont décelées, la prescription du médicament peut être strictement interdite. Le méthylphénidate est, par ailleurs, déjà contre-indiqué en cas d’hypertension sévère, de troubles cardiovasculaires, d’insuffisance cardiaque, de cardiopathie congénitale, de cardiomyopathie, d’arythmies, d’anévrisme cérébral, de vascularite et d’antécédents d’accident vasculaire cérébral.

Pendant toute la durée du traitement, le médecin devra surveiller attentivement la pression artérielle, l’état cardiovasculaire et le fonctionnement cardiaque du patient. En cas d’apparition de symptômes importants et de persistance de ces derniers malgré un réajustage de la dose, l’arrêt du traitement doit être envisagé.

Les autres effets indésirables du méthylphénidate

Le méthylphénidate et les retards de croissance chez l’enfant

De nombreuses études ont pu prouver que le méthylphénidate, prescrit souvent sous la forme de la Ritaline, avait pour conséquence directe un ralentissement staturo-pondéral, c’est-à-dire sur la croissance du patient traité. Et ce, aussi bien au niveau de son poids que de sa taille.

Comme tout « stupéfiant », le méthylphénidate induit également une perte d’appétit important, ce qui explique la perte de poids progressive de l’enfant traité. Bien entendu, si le problème persiste au bout de quelques mois sans pris en charge spécifique, il peut très vite dégénérer en anorexie et causer, lorsque l’enfant mange, des nausées, des vomissements et des maux d’estomac.

Cependant, la perte d’appétit est une conséquence mineure que l’on peut tout à fait contourner grâce à quelques petites astuces comme prendre le médicament au milieu ou vers la fin du repas pour éviter son effet coupe-faim, boire une boisson fouettée avant ou pendant le repas, prendre une importante collation pendant les périodes où les médicaments ne sont pas pris ou lorsque leurs effets disparaissent.

Le méthylphénidate et les risques de dépendance

tdah traitementÉgalement surnommé « la cocaïne du pauvre », le méthylphénidate fait l’objet de nombreuses rumeurs comme quoi il rendrait les enfants « dépendants » et pouvait devenir une addiction. Il est toutefois à noter qu’aucun cas de dépendance à ce médicament n’a été répertorié à ce jour. Néanmoins, les enquêtes menées dans le cadre de l’addictovigilance ont pu démontrer qu’il pouvait faire l’objet d’abus, de mésusage ou d’usage détourné de la part de personnes malveillantes.

Certaines personnes peuvent effectivement utiliser et administrer le méthylphénidate dans de circonstances inappropriées, c’est-à-dire en dehors des situations recommandées et selon les doses prescrites et donc, autorisées. Et ce, à des fins récréatives, délictuelles, lucratives, voire criminelles. Dans ces conditions où les règles les indications et les prescriptions ne sont ni conformes ni respectées, les risques de pharmacodépendances sont effectivement élevés.

TDAH – Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité – TDAH

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