Comprendre le trouble visuo-spatial

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trouble visuo-spatialLa plupart des troubles de l’apprentissage, dont la dyspraxie, la dyslexie, la dysgraphie et la dyscalculie, sont plus ou moins liés à un trouble visuo-spatial. Ce dernier, se manifestant à des degrés variés selon les enfants touchés, est à l’origine de la majorité de leurs difficultés à apprendre.

Dans cet article, nous allons vous aider à comprendre le trouble visuo spatial et ses conséquences…

Le rôle de la fonction visuo-spatiale

La fonction visuo-spatiale joue un rôle déterminant dans l’efficacité du regard. C’est elle qui nous permet de distinguer un objet, de l’étudier sous tous les angles, selon les orientations de ses lignes, de le positionner dans l’espace, par rapport à soi pour commencer puis par rapport à son environnement, mais également de le saisir.

Saisir un objet, justement, semble se faire automatiquement. Mais en réalité, derrière ce simple geste et anodin que constitue la prise en main d’une chose quelle qu’elle soit, c’est tout un mécanisme déclenché par la fonction visuo-spatiale et impliquant plusieurs systèmes cérébraux qui se met en place :

  • Le système oculomoteur, qui va orienter le regard vers la cible par la combinaison de plusieurs stratégies : saccade, poursuite et exploration.
  • Le cortex cérébral droit par le biais de la voie occipito-pariétale, qui va traiter les informations visuelles selon sa position et son orientation spatiale et déclencher l’exécution de la tâche.

Un dysfonctionnement au niveau de l’un de ces mécanismes seulement suffit à perturber la fonction visuo-spatiale et à rendre « déficiente » les tâches qu’elle permet d’effectuer. On parle alors de trouble visuo spatial.

Qu’est-ce qu’un trouble visuo-spatial ?

Un trouble visuo-spatial est un dysfonctionnement d’un ou des mécanismes permettant la saisie, l’analyse et le traitement des informations visuelles en vue d’exécuter une tâche en particulier. Elle se manifeste généralement par une incapacité ou une déficience au niveau de la perception de la position d’un élément :

  • par rapport à l’axe corporel ;
  • par rapport à la gravité ;
  • par rapport à son orientation ;
  • par rapport à son environnement.

Chez l’enfant, cela a généralement pour conséquence :

  • Une incapacité à reconnaître ou à faire la différence entre des formes, des figures et des configurations spatiales.
  • Une grande difficulté à s’orienter dans l’espace comme faire la différence entre gauche et droite par exemple.

Mais c’est sans doute l’impact qu’il a sur les compétences d’apprentissage de l’enfant qui est le plus alarmant. Car dans la majorité des cas, un dysfonctionnement visuo-spatial va affecter non seulement l’acquisition, mais également la capacité de traiter, d’organiser et d’exploiter les informations visuelles spatiales.

Trouble visuo-spatial et troubles de l’apprentissage

Le trouble visuo spatial est associé à de nombreux troubles de l’apprentissage dont il est, le plus souvent, un symptôme principal. Il est couramment diagnostiqué dans les cas de dyspraxie, mais également chez les enfants dyslexiques et chez les dysphasiques.

enfant dyspraxiqueLa dyspraxie visuo-spatiale

La dyspraxie visuo-spatiale est la forme la plus courante du trouble dyspraxique. Repérée chez les enfants à partir de 3 ans, elle combine au moins trois dysfonctionnements : celle de l’exécution et de l’automatisation d’un geste, celle de la coordination visuo-motrice et celle de la capacité à construire les éléments de la spatialisation.

Un trouble visuo spatial, lorsqu’il est associé à une dyspraxie, se manifeste généralement par :

  • Un retard au niveau de la motricité, qu’elle soit globale ou fine. Cela se traduit par une maladresse pathologique ainsi qu’une incapacité à réaliser des gestes simples dans la vie quotidienne ;
  • Des difficultés à maitriser un geste comme entourer des lettres, relier deux éléments sur une feuille ou s’habiller tout simplement ;
  • Un retard au niveau de la compréhension et de l’acquisition de notions de l’espace, qui se traduisent souvent par des difficultés à manipuler des objets ou à dénombrer.

La dyslexie

Un trouble visuo-spatial peut également être cité parmi les facteurs favorisant ou expliquant des difficultés durables et persistantes dans l’apprentissage de la lecture. Certaines formes de dyslexie sont effectivement dues, non à une déficience au niveau phonologique, mais plutôt à une déficience au niveau visuel. On parle alors de dyslexie de surface.

La dyslexie de surface est liée à au graphème, c’est-à-dire à une incapacité pour l’enfant à reconnaître les mots de visu. Selon certains spécialistes, cela serait dû à des capacités visuelles également déficientes.

La dyscalculie

Un dysfonctionnement visuo-spatial pourrait également avoir de sérieux impacts sur les capacités de l’enfant à dénombrer. On parle alors de trouble dyscalculique, qui se traduit chez le concerné par des difficultés importantes et persistantes à comprendre et à acquérir des notions de quantité, d’où les échecs répétés en calcul, en géométrie et en mathématiques, dans sa globalité. Et ce, malgré des signes évidents de vivacité d’esprit et d’intelligence.

Dans la vie quotidienne, une déficience au niveau du regard et de l’organisation spatiale peut provoquer :

  • Une incapacité à aligner les chiffres pendant les opérations ;
  • Une incapacité à se représenter visuellement les notions de mesure.

Comment déceler un trouble visuo-spatial ?

Les signes d’un éventuel dysfonctionnement au niveau visuo-spatial apparaissent généralement dès l’âge de 3 ans, c’est-à-dire à la maternelle où les activités graphiques commencent à devenir importantes. On peut soupçonner un trouble visuo spatial en conséquence lorsque l’enfant présente des difficultés majeures et persistantes :

  • En dessin
  • En coloriage
  • En copie

Il arrive que l’enfant ait ces activités en exècre et refuse catégoriquement de les pratiquer.

Le trouble visuo-spatial peut également se traduite par :

  • Une mauvaise présentation constante des cahiers ;
  • Une lenteur importante dans l’exécution d’une tâche qu’elle soit scolaire ou non ;
  • Une mauvaise orthographe.

dyslexie-enfant

Quand consulter ?

Dès lors que les symptômes deviennent importants et persistants malgré une prise en charge individuelle et spécialisée, il convient de consulter rapidement des spécialistes en vue d’effectuer un bilan psychomoteur. Ce dernier va permettre d’analyser le bon fonctionnement du système visuo-spatial de l’enfant par le biais de différents tests :

  • Le test de barrage ;
  • Le test de la figure de Rey ;
  • Le test de la rétention visuelle ;
  • Et le test du développement de la perception visuelle.

Étant donné la complexité du trouble, une prise en charge multidisciplinaire doit être envisagée :

  • L’ergothérapie pour l’analyse de l’habileté de l’enfant dans sa vie au quotidien ;
  • L’orthoptie pour l’analyse de la motricité (vision-posture et vision-mouvement) ;
  • L’orthophonie pour une rééducation des problèmes de communication, à l’oral ou à l’écrit.
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