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Les enfants autistes, hyperactifs, à haut potentiel ou souffrant de troubles DYS, sont désormais qualifiés de personnes neuroatypiques par les professionnels. Autrement dit, des individus n’ayant pas un cerveau comme les autres. Proche de la neurodiversité, la neuroatypie est une notion visant à déstigmatiser et à démédicaliser la différence, voire à en faire leur éloge. Explications.

Neuroatypie : définition et objectifs.

Qu’est-ce que le concept de neuroatypie ?

Apparu dans les années 1990, le terme « neuroatypie » renvoie à un système nerveux qui diffère de la norme. Il a été créé en opposition au terme « neurotypie », qui concerne un fonctionnement cognitif majoritaire.

Aujourd’hui, il est de plus en plus utilisé pour nommer l’ensemble des différences neurologiques, jusqu’ici considérées de manière séparée. Ce terme intègre des personnes atteintes des Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA), des troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, dyscalculie…), des Troubles De l’Attention, avec ou sans Hyperactivité (TDA/H), mais aussi des personnes précoces intellectuellement (HPI, HPE…) et les hypersensibles.

Objectif 1 : pour le monde, faire l’éloge de la différence

Cette pluralité, ainsi rassemblée, permet à ces individus d’être mieux reconnus pour leur différence et mieux considérés : sous cette appellation, une personne sur cinq serait ainsi qualifiée de neuroatypique — ce qui ne manquera pas de leur donner plus de poids dans les réflexions sociologiques.

Aujourd’hui, a minima stigmatisées, elles sont pourtant source d’une richesse extraordinaire, à l’origine parfois de découvertes, d’avancées et de créations exceptionnelles : en effet, Einstein, Andy Warhol, Vincent Van Gogh, Mark Zuckerberg sont autant de personnalités touchées par ces particularités neurologiques.

La neuroatypie renvoie directement au concept de neurodiversité, créé par l’Australienne Judy Singer pour faire l’éloge de la différence — notamment des personnes autistes. Dans son livre « Santé mentale : guérison et rétablissement », Brigitte Chamak aborde la neurodiversité comme l’éloge de la différence : ce concept vise « à démédicaliser les pathologies dites mentales, en célébrant la diversité des modes de pensée ».

Objectif 2 : pour les neuroatypiques, accepter d’être différent

Pour David Gourion, médecin psychiatre et Séverine Leduc, psychologue, le cerveau des personnes neuroatypiques ne fonctionne pas comme les autres. Souvent, « elles manquent d’intelligence relationnelle et de sens d’autrui »[1]. Dès lors, « il n’est pas rare qu’elles souffrent à l’école, en entreprise, dans leur famille, de l’incompréhension de leurs forces et de leurs fragilités » 1.

Pour eux, le mieux est alors de « ne pas essayer de devenir neurotypique, accepter d’être différent, de ne pas traiter les informations comme tout le monde » 1. Si leur système de pensée peut être handicapant au quotidien, voire fatigant, il n’en est pas moins bon. Il faut dépasser une norme « enfermante » et reconnaître chaque différence comme une richesse et autant d’atouts variés pour notre humanité.

Pour accompagner les personnes neuroatypiques et leur entourage, n’hésitez pas à vous tourner vers des professionnels — psychologues ou psychiatres —, afin qu’elles avancent malgré leurs différences !


[1] Citation : https://destinationsante.com/quest-ce-que-la-neuroatypie.html