Les aménagements conseillés pour un sujet dyspraxique

aménagements dyspraxieD’abord un petit rappel sur ce qu’est une praxie : C’est un geste intentionnel qui suppose l’évocation d’un programme moteur (engramme) avec un but à atteindre. C’est le contraire du reflexe.

La dyspraxie est un trouble du développement : il s’agit d’une anomalie de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires. Le cerveau n’intègre pas correctement les séquences motrices qui permettent l’automatisation des gestes. A chaque fois que l’enfant effectue un geste, c’est un peu comme s’il l’apprenait pour la première fois.

Le diagnostic peut être posé à partir de 4 ans et nécessite une évaluation multidisciplinaire : médicale (neuropédiatrique), en psychomotricité ou ergothérapie, psychologique et orthoptique.

Les différentes formes de dyspraxie

  • dyspraxie visuo-spatiale: trouble de l’articulation et de la structuration spatiale (difficulté à reproduire un dessin).
  • dyspraxie constructive non visuo-spatiale: l’enfant a des difficultés dans les activités d’assemblage ou de construction.
  • dyspraxie de l’habillage: l’enfant a des difficultés à s’habiller seul (boutons, lacets, fermeture éclair…).
  • dyspraxie idéatoire: trouble de la manipulation d’objets ou d’outils, c’est la succession chronologique pour réaliser un geste qui est altérée.
  • dyspraxie idéomotrice: troubles des gestes symboliques (sans objets à manipuler) comme mimer avec les doigts les comptines.

Concrètement quelles difficultés peuvent être repérées ? Comment les aider à apprendre ? Comment créer des conditions d’accès aux apprentissages en adéquation avec leurs potentialités ?

Avant de parler des signes évocateurs, il est important d’éliminer d’autres éléments excluant la dyspraxie :

  • Il s’est développé normalement sur le plan psychomoteur : marche entre 10 et 20 mois.
  • Il ne présente pas de troubles neuromoteurs, de déficit musculaire ou d’anomalie orthopédique.
  • Le comportement de l’enfant est adapté à son âge.

Voici donc les signes pouvant évoquer un trouble des apprentissages et vous conduire à consulter un spécialiste pour poser un diagnostic. Bien entendu cette liste n’est pas exhaustive et une seule de ces difficultés repérée ne permet pas de conclure à un trouble mais plutôt à une difficulté passagère et remédiable.

D’une manière générale la verbalisation permet de rendre les données visuelles plus accessibles et favorise la mémorisation de celles-ci, c’est donc la compensation indispensable en cas de dyspraxie.

MOTRICITE : globale, fine, coordination

Difficultés rencontrées

aménagement/compensation possible

  • chute fréquente, se cogne souvent.
  • manque d’habileté dans les sports
  • difficulté à découper, à colorier
  • dysgraphie
  • difficulté d’organisation du travail
  • Demander aux autres élèves d’être indulgents s’il les bouscule non intentionnellement.
  • Décomposer les activités proposées en tâches motrices simples, complexification progressive.
  • Eviter de lui proposer ces activités. Lui laisser du temps.
  • Les jeux graphiques doivent être accompagnés : repasser sur les contours, repasser sur les pointillés).
  • Verbaliser les gestes pour automatiser l’écriture : je forme une boucle qui monte, je fais un pont, je repasse dans le même chemin etc…).
  • Dès le diagnostic posé proposer des cours avec un ergothérapeute.
  • Privilégier le tutorat
  • Limiter le matériel scolaire
  • Vérifier la prise de note dans l’agenda ou faire écrire les devoirs par un autre élève.

ECRIRE

Difficultés rencontrées

aménagement/compensation possible

  • crispation exagérée, tremblements
  • mauvaise préhension du stylo
  • écriture lente, fatigante, ou illisible
  • lettres mal formées, espacements et alignements irréguliers
  • mauvaise organisation dans la page, sauts de lignes intempestifs
  • réduire les quantités d’écrit exigées.
  • Privilégier les exercices à trous ou permettre les abréviations.
  • Préférer les feuilles quadrillées et laisser un carreau entre chaque mot et entre chaque ligne.
  • autoriser l’écriture scripte, accepter une écriture difficilement lisible.
  • Adapter si possible le support d’écriture : plan incliné.
  • adapter l’outil scripteur : ergonomique, préférer les stylos gels qui glissent mieux et évitent la crispation.
  • guidance verbale fréquente.
  • éviter les consignes demandant de colorier.
  • Fournir des photocopies lorsque l’acte d’écriture n’est pas indispensable.
  • Dispenser l’enfant des activités trop complexes pour lui (réalisation de cartes, schémas, dessins).

MATHEMATIQUES

Difficultés rencontrées

aménagement/compensation possible

  • dénombrement difficile
  • mauvais alignement des chiffres lors de la pose des opérations
  • comptage sur les doigts inefficace (trouble de dissociation des doigts).
  • usage maladroit des instruments de géométrie (règle, compas, équerre…) et difficulté à reproduire les figures géométriques.
  • Si les activités de dénombrement sont indispensables, accompagner l’élève. Le guider pour qu’il compte les éléments déplacés au fur et à mesure et les séparer physiquement de ceux qui restent à compter.
  • Sur feuille, barrer les objets au fur et à mesure qu’ils sont comptés.
  • Eviter les tableaux à double entrées.
  • Proposer des supports favorisant la mémorisation et le repérage pour travailler les notions d’ajout et de retrait (bande numérique, repères de couleurs).
  • Favoriser le calcul mental.
  • Guider l’élève lorsqu’il doit placer les chiffres : un chiffre par carreau, en partant de la droite pour que les unités, dizaines, centaines etc soient bien les uns en dessous des autres.
  • Travailler les décompositions de 10 (9+7: 9+1+6 = 16).
  • Travailler les compléments à 5 : (8 + 5 : 5+5+3 = 10+3 = 13).
  • Fournir des règles avec ergot, verbaliser fréquemment la bonne position des doigts sur la règle, de son emplacement par rapport au trait.
  • L’utilisation d’un compas avec pied à coulisse bloque l’ouverture des deux branches.
  • Privilégier les équerres opaques avec des repères pour marquer les angles et les côtés.
  • Fixer la feuille sur le bureau avec de la patafix.
  • Créer une épaisseur sous la pointe du compas pour éviter qu’il ne glisse.

LIRE

Difficultés rencontrées

aménagement/compensation possible

  • lecture courante laborieuse
  • fatigabilité anormale
  • se perd dans le texte
  • n’analyse pas correctement la succession des graphèmes (l’ordre des sons écrits qui composent une syllabe par ex).
  • erreurs fréquentes d’orthographe d’usage
  • Adopter une présentation claire et aérée.
  • Augmenter la taille des interlignes, des caractères (double espacement).
  • Marquer le début des lignes avec des puces.
  • Surligner une ligne sur deux au fluo clair.
  • Favoriser les contrastes visuels avec le fond.
  • l’imprégnation syllabique peut être utile.
  • fournir un cache pour que l’élève suive.
  • lire les questions avant le texte pour rendre la lecture intentionnelle.
  • utiliser des crayons de couleurs pour colorier la question et sa réponse dans le texte.

Selon la sévérité des troubles, il pourra être décidé par la MDPH de l’attribution d’une aide humaine (AESH) ou matérielle (ordinateur). Les modalités d’utilisation des outils ainsi que la place et le rôle de l’AESH seront définis dans le cadre d’une ESS : Equipe de Suivi de Scolarisation.

Dyspraxie: Comment aider un enfant dyspraxique ?



3 commentaires sur “Les aménagements conseillés pour un sujet dyspraxique

  • 21 mars 2016 at 9 h 54 min
    Permalink

    Quelle mine merveilleuse d’informations, de conseils et d’adaptations scolaires simples que j’aimerais tant que les enseignants de mon fils engramment à leur tour au lieu de privilégier les mots « flemmard », « innaudible », « pagaille » et pour finir « sans avenir » car une moyenne générale dite trop faible à 10/20 en 3ème… après tant d’efforts soutenus…
    Il y a beaucoup d’enseignants aveugles, et peu de pédagogues curieux de leurs matières premières : l’enfant, et surtout ceux aux handicapes invisibles…

  • 3 février 2017 at 19 h 58 min
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    Heureusement, il y a encore de bon professeur, qui aide et oriente les parents. Merci.

  • 14 mars 2017 at 14 h 34 min
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    Merci pour cette mine d’infos intéressante, je vais tester le stylo gel effectivement pour l’écriture laborieuse de ma fille cela pourrait l’aider. Elle est en CE2, elle est suivi en psychomotricité et dès l’année prochaine c’est l’ergothérapeute qui va prendre le relais pour le passage à l’ordinateur. L’écriture lui étant de plus en plus pénible à exécuter. L’ordinateur deviendra son support de travail à partir du collège.

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