Trouble d’écriture : mieux comprendre la dysgraphie !

trouble de l'écritureApprendre à écrire est loin d’être facile, voilà pourquoi, cela prend autant de temps. Mais si la majorité des élèves, quel que soit leur niveau d’intelligence, arrive à maîtriser l’art d’écrire au bout d’un certain temps et à force d’exercice, chez l’enfant dysgraphique, c’est une tout autre affaire.

La difficulté d’écriture est sans doute la conséquence la plus handicapante de la dysgraphie. C’est également celle qui compromet le plus sa scolarité, car en règle générale, il lui sera toujours impossible d’écrire rapidement tout en fournissant une production lisible et bien soignée. Et dans la majorité des cas, l’inefficacité de son geste le poursuivra jusqu’à l’âge adulte.

Pour mieux comprendre ce trouble particulier, nous vous invitons à découvrir les différents stades de l’acquisition de l’écriture chez un enfant « normal » et les contraintes rencontrées par l’enfant dysgraphique.

Les différents stades d’acquisition de l’écriture

L’apprentissage de l’écriture se fait en trois étapes :

  1. La précalligraphie
  2. La calligraphie
  3. La postcalligraphie

Le stade précalligraphique

Le stade précalligraphique correspond à la période pendant laquelle l’enfant apprend les bases de la calligraphie et à les respecter, en vue de les reproduire. Commençant en classe de CP, soit à l’âge de 6 ans, c’est pendant cet intervalle de temps qu’on lui inculque les bons gestes pour réaliser diverses formes graphiques comme les traits, les ronds, les courbes, etc.

Ce stade dure généralement deux ou trois ans, voire quatre ans pour certains élèves. À la fin de celui-ci, ceux-ci devront pouvoir exécuter les formes graphiques de base, et ce, même si elles sont réalisées maladroitement.

Les premiers signes de trouble d’écriture se remarquent pourtant pendant cette période. Car contrairement aux enfants normaux, l’enfant dysgraphique aura du mal à acquérir les apprentissages de base de l’écriture qu’on lui aura enseignés. Son incapacité à exécuter les gestes nécessaires fait qu’il aura de grandes difficultés à reproduire la forme des lettres, leur tracé et leur liaison. Au bout du stade précalligraphique ainsi, il sera probablement incapable d’écrire.

Le stade calligraphique

problème d'écritureLe stade calligraphique fait automatiquement suite au stade précalligraphique. L’enfant, ayant déjà acquis les bases de l’écriture et sachant déjà comment se servir des accessoires adaptés (crayon ou stylo), va maintenant apprendre à maîtriser leur tenue ainsi que l’exécution du geste.

En règle générale, au terme de la phase de l’apprentissage de la calligraphie, l’élève devra pouvoir se débrouiller seul : l’écriture devrait être acquise. Autrement dit, à partir de 8 ans et jusqu’à 10 ans, l’enfant devra non seulement savoir écrire, il doit également être capable de maitriser ce qu’il écrit : lui donner un style, une particularité, voire le perfectionner.

L’enfant souffrant de dysgraphie, n’ayant déjà pas pu dépasser le stade précalligraphique, sera également incapable d’atteindre ce stade et d’en ressortir débarrasser de sa difficulté d’écriture.

Le stade postcalligraphique

La phase postcalligraphique se situe entre la dixième et la douzième année de l’enfant. Elle correspondant à la période pendant laquelle l’enfant, une fois le geste de l’écriture acquis et la production elle-même, maîtrisée, va se lancer dans l’acquisition de l’écrit dans sa vitesse.

Dans la mesure où il voudra constamment gagner en rapidité, la qualité de la production écrite sera naturellement mise à mal. Dans la majorité des cas, on remarque une perte de l’équilibre production/qualité durement acquis pendant le stade calligraphique, mais cela n’a rien de bien étonnant, ni d’inquiétant d’ailleurs, car c’est une étape tout à fait normale.

Toujours pendant cette période, l’enfant va commencer à adapter son écriture à la vitesse qu’il souhaite adopter ou y imprimer. Il va alors personnaliser les formes, utilisant des scripts par-ci et des graphes par-là pour pouvoir écrire plus vite tout en fournissant une production lisible et soignée.

Il va sans dire qu’un enfant souffrant de trouble d’écriture n’atteindra jamais ce stade. Sans prise en charge particulièrement, le dysgraphique restera bloqué au stade précalligraphique et aura, d’ailleurs du mal, à s’en sortir.

Trouble de l’écriture : les manifestations chez le dysgraphique

Il est utile de rappeler, encore et toujours, qu’un trouble de l’apprentissage, quel qu’il soit, ne remet pas en cause l’intelligence de l’enfant. La dysgraphie ne fait pas exception à cette règle.

Pourquoi autant de difficultés ?

Un enfant peut être particulièrement intelligent, avoir un quotient intellectuel singulièrement élevé, mais s’avérer tout à fait incapable d’écrire correctement. La situation peut paraître invraisemblable, mais elle s’explique pourtant très bien.

L’enfant dysgraphique est, en réalité, handicapé par son geste qui, à la fin de la période précalligraphique, demeurera inefficace. Résultat : chez lui, le geste d’écriture n’est pas acquis et bien moins automatisé. Si bien que l’enfant n’écrit pas, il en est incapable. En réalité, il dessine des lettres ! Chaque forme, chaque tracé, chaque courbe compris dans la calligraphie sont pour des dessins à faire en plus. Ce qui explique pourquoi sa production est extrêmement lente.

Les conséquences d’un trouble d’écriture chez l’enfant

difficulté d'écritureLa dysgraphie impacte directement sur la scolarité de l’enfant, dans la mesure où, en dehors d’une simple compétence graphique, l’écriture est la base, le fondement même de tout apprentissage.

Du fait de ces problèmes d’écriture ainsi, en classe, un enfant dysgraphique peut s’avérer incapable de :

  • Copier correctement et rapidement ses cours. Il est souvent à la traîne et ses productions sont presque toujours inexploitables.
  • Écrire correctement les mots. Écrire plus vite devient sa priorité, l’orthographe est le cadet de ses soucis.
  • Noter ses cours tout en écoutant son enseignant. Écrire chaque lettre demande un effort de concentration intense si bien qu’il lui est impossible d’accorder son attention à autre chose. On parle alors de surcharge cognitive.

Les conséquences chez l’élève :

  • Ses leçons sont peu lisibles et souvent incomplètes, du coup, il ne peut pas les apprendre.
  • Ses exercices sont mal faits et souvent inachevés, car il ne dispose pas du temps qui lui est nécessaire pour l’accomplir. À la longue, il ne voudra plus les faire.
  • Ses notes baissent inévitablement, le retard d’apprentissage est de plus en plus important.
  • Exercices pour la dyspraxie: Fiches de graphisme à imprimer pouvant aider les élèves dyspraxiques

L’enfant dysgraphique est souvent pris dans une spirale d’échec qui va favoriser son manque de confiance en soi.

 

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