Traitement hyperactivité : que penser de la TCC ?

traitement hyperactivitéSi le traitement médicamenteux du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est de plus en plus reconnu pour son efficacité, il n’en allège pas moins ses symptômes dans sa globalité. Le fait est qu’au-delà des difficultés de concentration, d’attention et d’inhibition, bien d’autres manifestations du TDAH peuvent perturber l’enfant touché dans son quotidien : souffrance psychologique, mal-être du au vécu, etc.

Pour une prise en charge réellement efficace, la modalité thérapeutique ne suffit pas, car elle ne traite, si vous voulez, que la partie « physiologique » du problème. Le traitement du TDAH doit être inscrit dans une prise en charge plus globale, pluridisciplinaire où parents, médecin, psychologues et spécialistes de l’éducation ont chacun leur mot à dire et d’importants rôles à jouer. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut appréhender les symptômes du trouble dans sa totalité et ainsi, arriver à améliorer la vie de l’enfant hyperactif.

La TCC ou Thérapie cognitivo-comportementale entre justement dans le cadre de cette prise en charge du trouble déficitaire de l’attention et se révèle particulièrement efficace dans le traitement de l’hyperactivité.

Traitement hyperactivité : qu’est-ce que la TCC ?

La thérapie cognitivo-comportementale, plus connue dans le domaine comme étant la TCC, est une thérapie brève dont les vertus et l’efficacité sont à ce jour scientifiquement reconnues. Comme son nom l’indique, elle vise à traiter le patient sur deux niveaux : l’aspect cognitif et l’aspect comportemental.

  • Cognitif, car elle permet de corriger et/ou de remplacer les programmations mentales (idées ou façon de penser) négatives par des programmations mentales plus adaptées ;
  • Comportemental, car en modifiant la manière de penser du patient, elle modifie automatiquement les comportements et les réactions inadaptées qu’elle engendre.

La TCC ne traite donc pas la maladie en question, elle permet plutôt de supprimer progressivement les symptômes qui invalident le patient comme la peur, le stress, la détresse, les évitements, les comportements violents et agressifs, les phobies, etc. Elle est ainsi indiquée à toute personne, enfant ou adulte, souffrant d’un trouble dont les conséquences constituent pour lui un handicap.

Tout comme la modalité thérapeutique médicamenteuse, elle est donc considérée comme un traitement d’appoint, venant compléter d’autres prises en charge.

Les objectifs et les bienfaits de la TCC

L’objectif de la TCC est de permettre à la personne traitée de comprendre les schémas de pensées négatives qui causent sa détresse psychique et subséquemment, ses comportements inadaptés. Et ce, dans le but de lui permettre de retrouver une autonomie, et ce, malgré son handicap.

Pour atteindre cet objectif, la thérapie cognitivo-comportementale va :

  • Confronter la personne à ses peurs, aux situations qui la stressent pour qu’elle puisse adopter la bonne réaction, s’y habituer et finalement, s’affirmer ;
  • Modifier, corriger et/ou remplacer les idées négatives qui entourent chaque symptôme et qui sont à l’origine des détresses psychiques ;
  • Faire en sorte qu’elle recouvre ou qu’elle retrouve une image valorisante d’elle-même, en lui faisant découvrir ses qualités et ses réelles potentielles ;
  • L’aider à surmonter les conflits internes ainsi que les croyances qui provoquent chez elle angoisse, stress et peur ;
  • Identifier les pensées négatives automatiques et trouver un moyen efficace de les arrêter ou de les corriger.

Traitement hyperactivité : pourquoi la TCC ?

Psychotherapist trying to find solution for little boy's problems
Psychotherapist trying to find solution for little boy’s problems

Quoiqu’efficaces, les médicaments utilisés pour traiter le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité ne permettent pas de traiter les répercussions du TDAH sur la vie sociale, familiale et professionnelle de la personne touchée. Certes, ils favorisent la concentration et l’autocontrôle, néanmoins, ils ne permettent pas au patient de comprendre comment se comporter dans telle ou telle situation, comment contourner tel ou tel symptôme pour arriver à atteindre un objectif précis comme terminer un devoir ou copier une leçon jusqu’à la fin par exemple.

Les thérapies cognitivo-comportementales sont justement intéressantes dans ce sens où elles ont pour objectif de mettre en place des stratégies efficaces que l’enfant hyperactif pourra utiliser dans les situations variées auxquelles il fera face seul plus tard. La TCC vise donc à modifier de manière durable la manière de penser et de raisonner, en vue de modifier le comportement de l’enfant sur le long terme.

La prise en charge de la TCC peut ainsi être répertoriée dans trois grandes catégories : la psychoéducation, les thérapies cognitives et les thérapies émotionnelles.

La psychoéducation pour traiter le TDAH

Comprendre le trouble et ses conséquences est très important pour la personne hyperactive qui, dans la majorité des cas, se sent responsable, voire coupable, pour ses échecs répétés. La psychoéducation est donc indispensable dans la mesure où elle a pour objectif justement d’aider le patient à comprendre son trouble, de le démystifier et donc de ne plus se culpabiliser dans un premier temps. En apportant une meilleure explication par ailleurs, elle permet par la suite de mettre un terme aux idées reçues et aux préjugés qui entourent le TDAH.

La psychoéducation est également utile dans ce sens où elle implique directement le patient dans la thérapie. Totalement transparente quant aux conséquences des symptômes de l’hyperactivité, elle l’aide aussi dans la prise en conscience de son fonctionnement, de ses qualités et des capacités dont il dispose pour les contourner.

Traitement hyperactivité : les thérapies cognitives

Les thérapies cognitives, comme on l’a déjà précisé ci-dessus, visent à restructurer les pensées alternatives de la personne hyperactive, en vue d’apporter une amélioration au niveau de ses fonctions exécutives déficientes.

Les stratégies mises en œuvre permettent de supprimer progressivement les sentiments d’impuissance, de renforcer la volonté et de booster la motivation. Cela permet d’améliorer l’attention, de diminuer l’agitation et subséquemment, de favoriser les capacités de l’enfant à se maîtriser et à donc à se concentrer.

Les thérapies cognitives prévoient également des techniques telles que la visualisation du temps pour aider l’enfant hyperactif à planifier, à organiser et à gérer son temps. Des stratégies de « discours intérieur » sont également enseignées pour lutter contre l’impulsivité.

Les thérapies émotionnelles et comportementales

Les thérapies émotionnelles et comportementales visent à apprendre à l’enfant hyperactif à reconnaître ses émotions et à les maîtriser. Les stratégies ainsi mises en place vont alors lui permettre de répondre de manière moins spectaculaire malgré des ressentis intenses, autrement dit d’adopter des réactions plus contrôlées, plus réfléchies. La régulation des émotions a également pour objectif d’améliorer ses capacités d’attention, de mémorisation et d’inhibition.

Traitement hyperactivité : la TCC, une méthode qui marche !

Eh oui ! Contrairement aux nombreuses méthodes supposées être efficaces pour alléger les symptômes du TDAH, la Thérapie cognitivo-comportementale, elle a déjà fait ses preuves ! Et pour cause, elle a fait l’objet de nombreuses études scientifiques déjà.

le tdahUne étude américaine faite en 2010 a effectivement prouvé qu’une prise en charge du TDAH alliant TCC et médicaments était beaucoup plus efficace. Les chercheurs ont effectué les expériences sur deux groupes d’adulte souffrant tous d’hyperactivité. Au premier groupe, on a proposé un traitement comprenant des séances de relaxation, de psychoéducation et de psychothérapie en sus de la médication. Au deuxième, on a proposé un traitement comprenant une thérapie cognitive et comportementale en complément à la médication.

Au bout de 12 semaines de traitement, il est apparu que celui qui avait bénéficié d’une TCC en complément à la prise de médicament avait leur symptôme nettement plus allégé par rapport à ceux qui avaient profité des séances de relaxation et de psychothérapie. Selon les chercheurs américains, les symptômes avaient diminué de 30 % de plus chez le deuxième groupe, par rapport au premier. Et il semble que malgré la brièveté de la TCC, les améliorations durent au-delà de neuf mois !

En quoi est due cette efficacité ? C’est assez simple en réalité, car par le biais de nombreuses techniques qu’elle utilise, la TCC permet à la personne hyperactive de :

  • Prendre conscience de son trouble et donc, de ses difficultés ;
  • Développer des stratégies pratiques et utiles pour améliorer le quotidien ;
  • Diminuer en maitrisant la sévérité des symptômes du TDAH ;
  • De considérer et de traiter également les comorbidités ;
  • De diminuer ainsi les répercussions fonctionnelles du trouble.

La TCC, un traitement hyperactivité complémentaire

Bien que reconnue et appréciée, la Thérapie Cognitivo-Comportementale n’en demeure pas moins un traitement d’appoint. Pouvant convenir aussi bien aux enfants qu’aux adultes, selon le Dr Annick Vincent de l’Institut Universitaire en santé mentale de Québec, il est impossible de l’obtenir des améliorations optimales si le patient ne suit pas déjà à la base un traitement médicamenteux.

« La thérapie cognitivo-comportementale est une approche bien connue… c’est un bon complément à une médication » a-t-elle précisé, avant d’ajouter que les médications avaient pour rôle de « maintenir les stratégies de traitement de la TCC ».

TDAH – Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité – TDAH

Associations de thérapeutes

Les associations de psychothérapeutes professionnels peuvent renseigner sur les types de psychothérapies, sur la formation de leurs membres et fournir les adresses de leurs membres assurant des consultations.

Liste non exhaustive.

AFFORTHECC – Association francophone de formation et de recherche en thérapie comportementale et cognitive
41, rue de la fruitière – 74650 Chavanod
04 50 33 52 33

AFP-ACP – A ssociation française de psychothérapie dans l’approche centrée sur la p ersonne
17, rue Dupin – 75006 Paris
courriel

AFTCC – Association française de thérapie comportementale et cognitive
27, rue de la Saïda – 75015 Paris
01 45 88 35 28
courriel

AFTIP – Association française de thérapie interpersonnelle
121, rue de Rennes – 75006 Paris
01 69 25 43 81

APF – Association psychanalytique de France
24, place Dauphine – 75001 Paris

Association IFAGP (Institut Français d’Analyse de Groupe et de Psychodrame)
12, rue Emile Deutsch de la Meurthe – 75014 Paris
01 45 88 23 22
courriel

ATSF – Association de thérapie systémique et familiale
7, rue leon lecornu – 14000 Caen

École de la cause freudienne
1, rue Huysmans – 75006 Paris
01 45 49 02 68

IFTIP – Institut de formation en thérapies interpersonnelles
8, square Louis Blériot – 92130 Issy les Moulineaux
courriel

Institut de Psychosomatique (IPSO)
20, rue Bellier Dedouvre – 75013 Paris
01 40 79 49 70

Quatrième Groupe
19, bd Montmartre – 75002 Paris
01 55 04 75 27
courriel

Société de Psychanalyse Freudienne
23, rue Campagne Première – 75014 Paris
01 4322 12 13

SFPPG – Société française de psychothérapie psychanalytique de groupe
35, rue Élisée Reclus – 93300 Aubervilliers
01 48 34 23 06
courriel

SFTF – Société française de thérapie familiale
Association l’Elan Retrouvé – Valérie Wasiniak
23, Rue de La Rochefoucauld – 75009 Paris
01 49 70 88 58

Société française de thérapie familiale psychanalytique
135, rue du Roc – 81000 Albi
01 74 71 71 66
courriel

SPP – Société psychanalytique de Paris
187, rue Saint-Jacques – 75005 Paris
01 43 29 66 70