Tout sur le syndrome entéropsychologique et les troubles DYS

On le dit souvent dans l’univers médical, les cellules nerveuses et les certaines cellules digestives sont intimement liées. N’avez-vous jamais eu des maux de ventre avant un examen ? De la nausée face à la peur ? Ces manifestations psychosomatiques montrent bel et bien le lien existant et indéfectible entre le psychique et l’estomac et prouve mieux que n’importe quelle expérience qu’un trouble cérébral et psychologique peut provoquer ou s’accompagner d’un trouble digestif !

syndrome entéropsychologiqueOù veut-on en venir ? Au fait que les troubles de l’apprentissage sont souvent dus à des troubles cérébraux. Et que si on se base sur ce qu’on vient d’apprendre ci-dessus, ils peuvent également avoir des impacts sur le fonctionnement du système digestif de la personne qu’ils touchent. Et devinez quoi ! C’est le cas !

Après avoir guérir son fils de l’autisme, c’est en étudiant des centaines d’enfants et d’adultes souffrants de pathologies neurologiques, de trouble de l’apprentissage en particulier, que le Dr Natasha Campbell-McBride a découvert des pathologies digestives chez les personnes souffrant de TDAH, de dyslexie, de dyspraxie, de dysgraphie, de dysorthographie et de dyscalculie ! Elle a baptisé ce trouble : « le syndrome entéropsychologique », plus connu sous l’abréviation « le syndrome GAP », qui signifie en anglais « Gut And Psychology Syndrom ».

Qu’est-ce que le syndrome entéropsychologique ?

Si on décompose entéropsychologique, on obtient deux mots :

  • Entéro, qui vient du mot grec ancien « ἔντερον, enteron » et qui signifie « intestin » ;
  • Psychologie, qui vient des mots grecs psukhê, qui signifie âme, et logos, qui signifie parole et qui détermine l’ensemble des disciplines étudiant les activités mentales et comportementales d’une personne, en tant compte de son environnement.

Étymologiquement, le syndrome entéropsychologique est donc un ensemble de symptômes de trouble intestinal, relié à un ensemble de symptôme de trouble psychologique. On peut aussi parler d’un trouble simultané du cerveau et de l’intestin !

Le GAP Syndrom, selon le Dr Natasha Campbell-Mc Bride, est le dénominateur à toutes les pathologies qui touchent de près ou de loin le système cérébral de l’être humain. « Jusqu’à présent, je n’ai jamais rencontré d’enfants atteints d’autisme, de TDA/H, d’asthme, d’eczéma, d’allergies, de dyspraxie ou de dyslexie qui ne présentent pas de troubles digestifs » confie-t-elle pour expliquer comment elle a découvert le pot aux roses.

Troubles digestifs et troubles cérébraux : quel est le lien ?

La présence de cellules nerveuses dans le système digestif explique bien des choses ! Selon les scientifiques et les recherches faites dans ce sens, les résultats semblent tous confirmer que tout part, en réalité, du ventre de l’enfant ! En d’autres termes, c’est l’état de son système digestif qui conditionne son état mental, et par conséquent, les troubles repérés au niveau du système cérébral trouvent leurs origines « dans les intestins » !

Malheureusement, ce lien entre le cerveau et les intestins n’est pas souvent considéré, ce qui ne permet pas une prise en charge efficace de troubles mentaux et cérébraux. Philippe Pinel, psychiatre français de renommée a d’ailleurs déjà évoqué ce fait en 1807 : « Le siège de la folie se trouve communément au niveau de l’estomac et des intestins. Et pourtant, la grande majorité des psychiatres n’accordent toujours aucune importance au système digestif de leurs patients » a-t-il déploré.

Comment se manifeste le syndrome entéropsychologique ?

Les manifestations sont les mêmes aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte souffrant de trouble DYS : des sensations de ballonnement, des coliques, des flatulences, de la constipation, des diarrhées, un déséquilibre de l’alimentation, des coliques, un comportement alimentaire déplorable, l’incapacité à ingérer certains aliments… Elles se manifestent de manière irrégulière et extrêmement variée chez les patients, minimes chez certains, parfois graves chez d’autres.

le syndrome entéropsychologiqueSelon les explications du Dr Natasha Campbell-McBride, les premiers symptômes apparaissent à l’âge du sevrage, c’est-à-dire aux environs de deux ans pour les enfants à qui on a donné le lait maternel jusqu’à cet âge. « C’est à partir de l’âge de deux ans que la majorité des enfants atteints du syndrome GAP vont commencer à devenir difficiles en matière d’alimentation, à refuser bon nombre d’aliments et à préférer en général ceux qui sont riches en sucres rapides et en amidon », explique-t-elle.

Mais ils peuvent également apparaître bien avant, dès lors que le bébé passe du lait maternel au lait en poudre ou aux aliments plus consistants, c’est-à-dire aux environs du sixième mois.

On remarque alors chez ces tout-petits des troubles digestifs comme les reflux, les coliques et les diarrhées que les pédiatres attribuent facilement à des problèmes de digestion ou à une intoxication alimentaire, mais rarement à un problème au niveau cérébral.

Quels impacts ont ces symptômes sur le système cérébral ?

Un professeur japonais très connu, Kazudzo Nishi, affirme que 10 % des pathologiques psychiatriques étaient dues à une « intoxication intestinale », ce qui est également le cas pourtant quand on parle de syndrome entéropsychologique. Fait confirmé par le Dr Natasha Campbell-McBride lorsqu’elle explique que le système digestif des patients atteints du GAP Syndrom représentait « une source importante de toxicité » pour son organisme.

L’ivresse alcoolique due aux levures !

Pourquoi ? Comment ? Selon ses explications, lorsque la flore intestinale est déséquilibrée, elle produit des neurotoxines qui vont passer dans le sans à travers l’intestin grêle, et qui vont envahir tout l’organisme, dont le cerveau. C’est le cas des levures par exemple qui vont transformer les glucoses dans l’organisme du patient en « fermentation éthylique ». Une fois répandu dans le corps, l’alcool ainsi produit va provoquer des symptômes d’ivresse chez la personne qui n’a pourtant pas bu !

Le principal problème étant que, si on n’empêche pas la prolifération des levures, il continuera à transformer le glucose en alcool et la personne touchée se trouvera « dans un état d’ébriété permanent », qu’elle soit un enfant ou un adulte. L’avez-vous remarqué d’ailleurs ? L’enfant hyperactif l’est dix fois plus après avoir ingurgité des aliments riches en glucides ! Aussi incongru que catastrophique que cela puisse paraître, il est tout simplement « ivre ».

Les effets opioïdes de la caséine et du gluten

symptôme tdahCe n’est sans doute pas la première fois qu’on vous déconseille de donner trop de caséine et de gluten à votre enfant DYS. Mais savez-vous réellement pourquoi ?

Le fait est que la caséine et le gluten sont très peu tolérés par l’organisme des personnes souffrant de trouble DYS. Cette intolérance entraîne une mauvaise digestion de ses substances, que l’organisme va s’empresser de déstructurer chimiquement en substance opioïde. Une fois transformés ainsi, la caséine et le gluten vont agir sur le cerveau comme le feraient la morphine et l’héroïne. Résultat : après un repas riche en gluten et/ou en caséine, les symptômes du trouble de l’apprentissage dont votre enfant souffre se détériorent. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il « drogué » !

Malheureusement, c’est dit sans la moindre exagération ! L’analyse des urines des personnes atteintes de TDA/H, d’autisme et autres troubles cérébraux a permis de constater la présence assez importante de glutéomorphines et de casomorphines. Or, ces peptides sont généralement créés suite à l’ingestion de céréales et de lait !

Peut-on guérir d’un syndrome entéropsychologique ?

Une guérison totale n’est pas impossible si la médecine se donnait la peine d’étudier cet aspect des troubles DYS de plus près. Malheureusement, du fait de la négligence de l’importance du système digestif dans l’apparition des symptômes de trouble de l’apprentissage et autres pathologies mentales, il n’existe pas à ce jour de traitement approprié. D’ailleurs, cette hypothèse, malgré la grande découverte du Dr Natasha Campbell-McBride, n’a toujours pas été exploitée.

Le mieux que vous pouvez faire, à ce jour, pour diminuer les symptômes de votre enfant DYS est de faire attention à son alimentation. S’il souffre de Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, vous trouverez des conseils sur son alimentation dans cet article : « TDAH et alimentation : les 10 aliments qu’il faut limiter ! »

TDAH – Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité – TDAH