Déficit de l’attention : les comorbidités ou troubles associés

Il est très rare que le trouble déficit de l’attention soit isolé. Dans la majorité des cas, il est associé à d’autres troubles plus ou moins graves que l’on appelle généralement « les comorbidités ». Selon les statistiques, un TDAH a au moins une comorbidité. Les plus fréquents sont :

  • Le trouble oppositionnel avec provocation
  • Le trouble anxieux
  • Le trouble de la conduite
  • Les troubles des apprentissages
  • Les troubles dépressifs

Les chiffres indiquent également que :

  • 33 % des enfants hyperactifs seulement peuvent souffrir d’un TDAH isolé ;
  • 33 % des enfants hyperactifs ont au moins une comorbidité ;
  • 18 % des enfants hyperactifs ont au moins deux comorbidités ;
  • 16 % des enfants hyperactifs ont au moins trois comorbidités.

Le déficit de l’attention et le trouble oppositionnel avec provocation

Il est quasiment impossible de parler du TDAH sans évoquer le TOP. Selon les statistiques, 35 % à 60 % des enfants souffrant d’un déficit de l’attention présentent également de nombreux symptômes de trouble oppositionnel avec provocation. Alors que ce dernier peut exister sans TDAH.

Pour rappel, le TOP se manifeste par la persistance d’un « comportement opposant », qui se traduit au sens propre par une tendance constante à s’opposer à l’autorité, aux règles établies ou aux disciplines imposées. Mais aussi, le besoin malsain de provoquer les autres, en particulier les parents et les enseignants.

trouble oppositionnelParmi les symptômes de ce type de trouble, on retrouve également une irritabilité ainsi que des crises de frustration et de colère lorsque l’enfant hyperactif n’obtient pas ce qu’il veut, ou lorsque ses parents résistent à son comportement. Il peut s’agir d’une colère latente et enfouie, mais si l’enfant est extraverti, cette colère peut être extériorisée de manière agressive. Dans quel cas, il peut se mettre à crier, à pleurer fort ou à briser les objets qui l’entourent !

Les enfants hyperactifs souffrant également du TOP sont en conséquence très difficiles à gérer. En particulier, parce que ni les sermons ni les punitions n’ont d’impact sur leur manière d’agir. De ce fait, ils sont couramment rejetés par leur camarade.

Pour les aider, il est avant tout important d’accepter que même si les faits sont souvent contre eux, leur comportement n’est pas intentionnel et qu’ils agissent, la plupart du temps, indépendamment de leur volonté.

Les troubles de conduite avec agressivité

Plus connu sous l’appellation « troubles du comportement », les troubles de conduite avec agressivité touchent 25 % et 50 % des enfants souffrant de déficit de l’attention. Ils sont définis comme un ensemble d’agissements répétitifs et persistants :

  • Bafouant les droits fondamentaux des autres ;
  • Bafouant les normes et les règles sociales.

Ces symptômes s’apparentent étonnamment à la délinquance qui se manifeste chez les sujets par des comportements portant atteinte à l’entourage et outrageant la loi. À la différence près que le trouble de la conduite apparaît chez les enfants à qui l’idée d’enfreindre la loi ne viendrait même à l’esprit. Autre distinction notable : le trouble de la conduite n’est pas intentionnel alors que la délinquance est volontaire.

Les troubles de conduite englobent une vingtaine de symptômes, dont l’agressivité, les crises de colère, la tendance à détruire des objets et même le recours à la violence. Les démêlés avec la justice dont le jeune hyperactif fera l’objet plus tard s’il n’est pas pris en charge bien sûr, seront en grande partie dus aux troubles de la conduite avec agressivité, renforcé en par son impulsivité.

Le trouble du déficit de l’attention et le trouble anxieux

L’anxiété, au même titre que l’hyperactivité, fait partie des troubles les plus souvent rencontrés chez les enfants. Touchant justement plus de 60 % des enfants hyperactifs, certains spécialistes considèrent que ces deux maux font en réalité partie d’un seul et même trouble, car presque tous les types de troubles anxieux sont retrouvés chez l’enfant TDAH. Autrement dit, soit le trouble déficitaire de l’attention est un symptôme principal du trouble anxieux, soit le trouble anxieux est un symptôme principal du trouble du déficit de l’attention.

L’anxiété de performance est le trouble le plus souvent remarqué dans le cadre d’un TDAH. Il est étroitement lié, causé ou renforcé par le spiral d’échecs auquel l’enfant hyperactif est souvent confronté en raison de ses difficultés d’attention, de concentration et subséquemment, de mémorisation. La peur de l’échec est presque automatiquement compensée par la peur d’être performant : ils n’ont aucune confiance ni assurance même lorsqu’ils ont bien fait une chose.

Attention toutefois à ne pas confondre anxiété isolée avec TDAH, car toute personne anxieuse donc qui a « la tête ailleurs », aura logiquement des difficultés à se concentrer sur sa tâche. On parle de trouble du déficit de l’attention lorsque l’anxiété est associée à des problèmes d’organisation, ainsi qu’à des résultats scolaires désastreux !

Le trouble déficitaire de l’attention et les troubles du sommeil

sommeil et tdahLes troubles du sommeil sont très fréquents chez les enfants hyperactifs. Pouvant se manifester de manière chronique ou transitoire, ils se manifestent généralement :

  • Soit par une difficulté à trouver le sommeil avec repos souvent agité ;
  • Soit par une tendance à coucher trop tôt et à se lever trop tôt également.

Dans les deux cas, il en résulte une fatigue de l’enfant ainsi que des difficultés à rester éveiller dans la journée, ce qui détériore encore plus les symptômes de l’hyperactivité, en particulier le déficit de l’attention et de la concentration.

Pour mieux comprendre l’impact du manque de sommeil sur le TDAH, nous vous invitons à lire cet article : « TDAH ou trouble du sommeil ? »

Le TDAH et les troubles de l’apprentissage

Les troubles de l’apprentissage touchent environ 25 % des enfants souffrant de TDAH, mais il est établi qu’ils n’en sont pas la conséquence. Ils se manifestent ainsi par une extrême maladresse, mais également par des difficultés au niveau de la lecture, de l’écriture, de l’orthographe…

Pour rappel, les troubles de l’apprentissage sont :

·         La dyslexie

·         La dysgraphie

·         La dysphasie

·         La dyspraxie

·         La dyscalculie

·         La dysorthographie

Lorsqu’un enfant manifeste des difficultés scolaires en conséquence, les divers examens et bilans auxquels il sera soumis devra d’abord éliminer un éventuel trouble d’apprentissage avant de s’intéresser de près à un trouble du déficit de l’attention.

Le TDAH et les troubles de l’humeur

Les troubles de l’humeur peuvent toucher jusqu’à 75 % des enfants hyperactifs. Ils se traduisent généralement par un changement de tempérament anormal et chronique. Véritable ascenseur émotif, l’enfant passe de la colère, à la tristesse ou à la joie à une vitesse grand V.

La plupart du temps, ces troubles s’apparentent aux symptômes du Borderline, soit une extrême impulsivité ainsi qu’une hyperémotivité envahissante. Ils sont renforcés par le rejet dont l’enfant hyperactif fait l’objet, son manque de confiance et d’estime de soi et parallèlement par sa peur d’être rejeté, de perdre un être cher ou un objet.

Selon les cas, les troubles de l’humeur peuvent évoluer en trouble bipolaire ou provoquer une dépression, une phobie sociale ou scolaire… Une surveillance rapprochée est donc recommandée.

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et les tics

dysfonctionnement exécutifLe TDAH ne s’accompagne pas d’un TIC, c’est plutôt contraire. Dans la majorité des cas effectivement, ce sont les tics qui apparaissent en premier, vers les deux ou les trois premières années de l’enfant. Les symptômes d’un trouble déficitaire de l’attention ne se manifestent que vers 4 ou 5 ans. Et selon les statistiques, plus de la moitié, soit 50 %, des enfants souffrant de tics sont hyperactifs.

Le Syndrome Gilles de la Tourette, qui se manifeste par des tics moteurs ou vocaux involontaires est le plus fréquemment observé chez les enfants hyperactifs. Selon les chiffres :

  • 47 % des enfants souffrant d’un SGT léger souffre de TDAH ;
  • 58 % des enfants souffrant d’un SGT modéré souffre de TDAH ;
  • 83 % des enfants souffrant d’un SGT sévère souffre de TDAH.

Autrement, plus le syndrome se manifeste de manière agressive, plus l’enfant a des risques de souffrir également de trouble de déficit de l’attention.



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