Comment aider un dysorthographique à surmonter ses difficultés ?

dysorthographie enfantTrouble spécifique d’acquisition et de maîtrise de l’orthographe, caractérisé par des inversions de lettres ou de syllabes, par des confusions auditives ou visuelles, par des omissions, par des erreurs de segmentation.

Une dysorthographie accompagne une dyslexie dans deux tiers des cas.

C’est un trouble des apprentissages. Il ne peut être diagnostiqué que lorsque l’orthophoniste a vérifié que l’enfant ne souffre pas :

  • de déficience intellectuelle ;
  • de troubles de l’attention ;
  • de difficultés de compréhension ;
  • de problèmes moteurs tels qu’on peut les observer en cas de dysgraphie par exemple.

Les erreurs en orthographe peuvent être classées en 4 catégories :

Troubles de transcription phonologique témoignant de difficultés de conversion entre le son entendu et la/les lettre(s) transcrite(s) :

  • erreurs auditives par substitutions entre sons proches (grogne ® crogne), par assimilations (sachant ® chachant) ou par substitutions de mots (sentier ® chemin, rapidement ® vite); erreurs visuelles (chemin -> chenin…);
  • inversions (sept ->step…);
  • erreurs au niveau du code phonologique par non-respect des règles combinatoires ou par méconnaissance de graphies complexes (ill, gn, oi…)

Troubles au niveau du contrôle sémantique (sens) :

  • erreurs d’homophones (a/à, vert/vers…);
  • erreurs de découpage (lendemain -> lent de main)

Troubles au niveau des compétences morphosyntaxiques :

  • confusions entre catégories grammaticales : confond les noms et les verbes par ex d’où fautes d’accord.
  • difficultés dans l’utilisation des marques syntaxiques, par exemple ne distingue pas la différence de genre ou de nombre.

Troubles portant sur le lexique orthographique

L’enfant connaît une mauvaise mémorisation de l’orthographe d’usage même pour des mots familiers et fréquents.

Concrètement quelles difficultés peuvent être repérées ?

Voici quelques signes pouvant évoquer un trouble des apprentissages et vous conduire à consulter un spécialiste pour poser un diagnostic. Bien entendu cette liste n’est pas exhaustive et une seule de ces difficultés repérée ne permet pas de conclure à un trouble mais plutôt à une difficulté passagère et remédiable.

Difficultés phonologique :

  • Pour orthographier les pseudo-mots ou les mots peu familiers (ornithorynque par ex).
  • Pour segmenter les mots ( un nani mal).
  • Pour appliquer les règles d’accord grammatical.

Difficultés lexicales :

  • Pour lire des mots irréguliers (un monsieur).
  • Parvient à écrire de façon phonologique (acoiriom pour aquarium par ex).
  • Pour retenir les similitudes orthographiques (les préfixes et suffixes par ex).
  • Pour maintenir en mémoire l’orthographe de mots très souvent rencontrés et écrits.

Difficultés phonologique et lexicale :

  • Pour hiérarchiser les techniques pour orthographier.
  • Impossible à corriger (l’élève ne parvient pas non plus à se relire).
  • Grande anxiété pour toutes les activités de production d’écrit.

Comment les aider à apprendre ? Comment créer des conditions d’accès aux apprentissages en adéquation avec leurs potentialités ?

Une fois les difficultés clairement identifiées et diagnostiquées par un spécialiste voici quelques pistes d’aménagement possible pour aider l’élève à compenser et à surmonter ses troubles.

Aménagements spécifique à la dysorthographie phonologique:

  • Enrichir le stock lexical (le nombre de mots sus par cœur).
  • Multiplier les contacts visuels et auditifs avec les mots à apprendre pour une dictée par ex. Guider l’observation de ces mots pour cibler les possibles erreurs phonologiques).
  • Utiliser des pense-bêtes pour prévenir les possibles confusions : b/d par ex. Ne proposer qu’une seule association pour éviter la surcharge cognitive :

shema-dysorthographie

Aménagements spécifique à la dysorthographie lexicale :

  • Multiplier les jeux de mémoire (jeu de kim, loto, mémo).
  • Epeler les mots, essayer de retenir leur « chanson ».
  • Favoriser la création d’images mentales (écrire le mot à l’envers, écrire le mot en fermant les yeux).
  • Travailler le repérage et le repérage visuel (jeu des différences, reconnaissance du dessin du mot par ex).

Aménagements spécifique à la dysorthographie MIXTE :

  • Revoir régulièrement les étapes nécessaires pour orthographier les mots : découpage syllabiques, morphologie, accords, relecture…).
  • Favoriser les exercices à trous.
  • Ne pas pénaliser l’orthographe.
  • Laisser plus de temps pour l’écriture et la relecture.
  • Noter le nombre de mots correctement orthographiés en dictée plutôt que le contraire.
  • Réduire le nombre de mots à apprendre.
  • Préférer les dictées de type « sans erreur ».

Dysorthographie: Comment aider un enfant dysorthographique ?



Commentaires sur “Comment aider un dysorthographique à surmonter ses difficultés ?

  • 29 novembre 2016 at 19 h 55 min
    Permalink

    Bonjour,
    Une question :ce qui est suggéré pour aider un enfant dysorthographique peut-il être utilisé pour un étudiant au niveau universitaire. Cet étudiant semble ne pas photographier l’ortographe des mots et ne peut donc pas les reproduire à l’écrit.
    Un conseil serait grandement apprécié.
    Merci beaucoup
    Une grand-maman inquiète
    Cécile Cloutier

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