Comment aider son enfant à être plus flexible ?

La notion de flexibilité mentale

La flexibilité mentale est l’habileté à changer de comportement ou de raisonnement en fonction des exigences de l’environnement, c’est à dire des événement imprévus et inattendus qui peuvent se produire dans la vie de tous les jours (famille, école, copains…).

Cette capacité d’adaptation varie d’un enfant à un autre, il est ainsi plus difficile pour certains de gérer ces imprévus, notamment pour les enfants avec un TDA/H. En effet, le trouble déficitaire de l’attention est au cœur des fonctions exécutives, donc il est courant de constater un dysfonctionnement exécutif chez les enfants souffrant de TDA/H.

Dans le contexte social, un enfant flexible arrivera plus facilement à s’entendre avec et à s’ajuster aux autres (sans pour autant ne pas s’écouter). Au contraire, un enfant moins flexible voudra que ses camarades fassent comme lui, par exemple en jouant à sa manière.

En situation d’apprentissage un enfant flexible saura essayer plusieurs méthodes si la première n’a pas permis de résoudre le problème. Il saura également :

  • avoir une vue plus globale d’une même réalité,
  • passer plus facilement d’une activité à une autre,
  • modifier son opinion en prenant en compte les informations de l’environnement,
  • accepter et s’ajuster aux changements qui peuvent survenir pendant une tâche.

Un enfant moins flexible aura tendance à :

  • reproduire encore et encore les mêmes actions ou méthodes non productives,
  • n’imaginer qu’une seule possibilité de solution ou de réponse,
  • ne pas évaluer l’efficacité ou non de la stratégie qu’il aura mis en place,
  • résister aux interventions de l’enseignant,
  • ne pas parvenir à gérer les imprévus.

De manière générale un enfant peu flexible paraît rigide ou opposant, parce qu’il est important pour lui que les choses fonctionnent à sa manière. Cette « rigidité » de l’esprit peut entraîner des blocages et des difficultés dans la vie quotidienne, il est alors important de l’aider à développer ses habiletés à penser de manière plus flexible.

Quelques conseils pour aider votre enfant à être plus flexible

  1. Offrez-lui une occasion de redémarrer :
  2. Comme nous l’avons évoqué précédemment, l’enfant qui a des difficultés de flexibilité a souvent tendance à répéter encore et encore une même stratégie, même si celle-ci n’est pas efficace. Alors qu’il a le sentiment de fournir beaucoup d’efforts et de persévérer, il se retrouve dans une situation d’échec, ce qui est particulièrement frustrant pour lui. Il est alors parfois nécessaire d’arrêter le raisonnement (de faire une pause) pour ensuite le reprendre de manière plus sereine.

    → Si vous observez que votre enfant vit un blocage, essayez de l’amener à ce qu’il fasse une pause, qu’il se change les idées pendant quelques minutes. Il pourra alors retourner sur l’exercice en essayant une nouvelle méthode.

  3. Donnez-lui des astuces pour calmer sa frustration :
  4. La frustration engendrée par ces échecs répétitifs peut être envahissante pour l’enfant. Afin de lui apprendre à mieux la gérer vous pouvez lui donner quelques astuces comme se retirer (cf le point précédent), inspirez profondément par le nez et expirer doucement par le bouche 5 fois de suite, aller faire un petit tour, se défouler dans le jardin, parler d’autre chose avec vous, etc.

  5. Encouragez-le à modifier son « monologue intérieur » :
  6. Le monologue intérieur correspond à toutes les pensées que nous avons face à une situation. Un enfant qui manque de flexibilité aura tendance à n’avoir qu’une seule vision des choses : « je vais résoudre ce problème avec ma méthode ». Lorsqu’il se retrouve en échec, guidez-le pour modifier ce discours intérieur en utilisant des mots et des formules moins figés afin d’élargir sa vision des choses : « cette méthode là ne semble pas fonctionner, essayons de trouver une autre manière de résoudre ce problème ».

  7. Préparez-le au changement :
  8. Le principe est assez simple, lorsque vous savez qu’il va y avoir un changement dans la routine de votre enfant, informez-le auparavant afin qu’il puisse s’y préparer.

  9. Incitez-le à utiliser des stratégies pour s’ajuster :
  10. Parce qu’il n’est pas toujours possible d’anticiper un changement, il n’est pas évident d’aider votre enfant à le vivre en toute sérénité.

    • Reconnaissez le sentiment qu’il éprouve : « tu dois être surpris, déstabilisé, frustré, déçu… »
    • Encouragez-le à avoir un monologue intérieur positif : « les choses ont changé, ça n’est pas pareil que d’habitude, mais tout va bien se passer, je l’ai déjà vécu, je suis capable de m’y adapter ».
    • Invitez-le à visualiser un élément positif que peut amener ce changement : « nous prenons un autre chemin pour rentrer de l’école, nous verrons peut-être de jolies choses ? ».

    Afin de mettre en pratique ces petits conseils pour aider votre enfant à être plus flexible, provoquez de petits changements dans les habitudes de votre enfant. Ainsi, quand un changement plus important se présentera il sera davantage préparé à les utiliser de manière autonome (ce qui renforcement son sentiment de compétence et sa confiance en soi).

    Un grand merci à Caroline pour cet article très intéressant !

    Caroline EVERAERE

    Psychologue-Neuropsychologue
    156 Rue du 8 Mai 1945
    59 650 Villeneuve d’Ascq
    06.73.42.77.95


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